Le
vol angulaire
by Tazio Madliger
Slider Nr. 6/2000
Dans sa nouvelle forme de vol
collectif/relatif, le vol en dérive est
décidément en train de devenir le prochain trend de la scène freefly.
D'ailleurs, toujours plus de monde commence à apprécier les sauts de
track. Avec ou sans combi-ailes, à plat ventre ou de dos, avec des
incidences plates ou raides ou entre les deux… C'est nouveau et marrant!
Et ça nous ramène finalement un peu
sur d'autres et plus longues
trajectoires que celles du vol vertical.
Nous ne sommes qu'aux débuts et déjà il y a des résultats très
remarquables, soi dans la compétition que dans la scène du fun-jumping.
Par exemple l'équipe italienne de Freestyle "Frick-Atmonauti",
qui exécute des routines obligatoires dans une dérive à 45°-50°
degrés. Ou encore, cette année à Espace
Boogie 2K: les superbes
dérives des freeflyers et les vols hyper-longs des hommes ailés. Même
si pour le moment les dérives en grands groupes se limitent encore à un
jeu de poursuite et proximité, il ne manque pas beaucoup aux prises et
aux formations. Techniquement cela est déjà possible, il ne manque plus
que d'affiner la stratégie de construction et de …donner de la vitesse.
En explorant entre la verticale et
l'horizontale, les freeflyers ont
comprit qu'avec des incidences à 45°-50° degrés on a de plus larges
marges d'accélération. Par rapport à d'autres incidences de dérive,
plus plates et/ou plus verticales, on peut ici varier beaucoup plus sa
propre vitesse sur trajectoire en faveur des performances de vol en
général. Cette découverte a déterminé un changement de la façon avec
laquelle le "lapin" (ou: leader) conduit le groupe. Vu en faits
que la position à plat ventre offre une meilleure performance de dérive
que celle de dos, le lapin vole sur le ventre pour une plus efficace mise
à point de la vitesse et pour un meilleur contrôle de la direction. Ceux
qui suivent le lapin volent principalement de dos. Mais en principe, ils
peuvent se caler à ses côtés, faire un demi tonneau et continuer leur
vol sur le ventre en produisant ainsi une situation spéculaire plus
favorable à l'interaction du
groupe. L'idée du "niveau", comme
lieu de la proximité, reste par contre toujours valable. Mais avec une
seule différence par rapport au vol vertical: de n'être plus sur le plan
horizontal, mais sur un plan oblique (idéalement à 90° degrés par
rapport à l'incidence de dérive). Comme quoi que dans le vol angulaire
il n'est plus tant question de "taux de chute", mais de "vitesse".
En d'autres mots il est question de trouver une vitesse de dérive
optimale: assez rapide mais qui laisse toutefois assez de marge aux
corrections de niveau et de distance.
Pour tous ceux qui aimeraient s'y commencer, voilà ici de suite
quelques conseils pratiques.
La sécurité d'abord. Soyez conscients que vous allez vous déplacer
beaucoup par rapport au point de largage. Dirigez-vous donc dans la bonne
direction, soit à 90° par rapport à l'axe de largage afin de ne pas
croiser le secteur d'autres groupes qui sautent du même avion. Celui qui
fait le "lapin" (leader/base) doit bien connaître la zone car,
en se repérant au sol, il est responsable de la direction. En dérive les
turbulences se trouvent un peu décalées vers l'arrière: faites
attention à ne pas "déventer" les autres quand vous vous
déplacez. Prenez bien garde aux séparations à fin de travail et ouvrez
un peu plus haut que d'habitude. Si possible choisissez de dériver contre
vent afin de pouvoir rentrer sans problèmes sur la zone d'atterrissage.
Il va de soi qu'au début un entraînement à deux (en alternant les
rôles de "base" et de "pin") est toujours la façon
la plus efficace pour apprendre rapidement et en sécurité. Exercez-vous
d'abord à varier votre vitesse (soi sur le dos que sur le ventre) et
tenez toujours compte de la règle classique "le niveau d'abord et la
proximité ensuite".
Et si la dérive vous branche pour de bon, ne perdez pas les
Big-Way
Seminars organisés par XLR-8 Freefly School et qui ont recommencé cet
automne précisément sur ce sujet.
Bonne atmo-navigation à tous!
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