Free Fly Film Fest
by Tazio Madliger
Slider Nr. 1/98
Après le grand succès du Free Fly Festival à Eloy, pour nombre de
participants et qualité des sauts, une autre idée intéressante proposée par les
éclatant Fly Boyz a réuni un bonne centaine de néo-speedfreaks pendant quatre jours à
Perris. L'idée était de produire une bonne quantité d'images marrantes à montrer aux
autres le soir et à présenter au concours-vidéo du festival. Le niveau général était
brillant: parfois les groupes se formaient à l'embarquement et souvent ils «briefaient»
sur l'avion. Et la tentation d'agrandir les groupes était de jour en jour plus pressante:
à quatre, à dix, jusqu'aux nombreux sauts à vingt et celui à trente. Remarquable le
sens de responsabilité: beaucoup de cypres, prudence sous voile, casques et altis
acoustiques.
La vidéo et l'histoire du free fly sont sans doute intimement liées: l'une
comme condition de possibilité même de la progression vertigineuse des nouvelles
techniques de vol de l'autre, et l'autre comme nouvelle dimension expressive de la
vidéographie créative. En effet dans la scène du «fun jumping», grâce à la
diffusion des nouvelles caméras digitales, très petites et légères, on assiste à une
grande divulgation de la vidéo. Ceci contribue évidemment à accroître le potentiel
technique et créatif des «fun jumpers», surtout en leur offrant le moyen pour analyser
et pour réfléchir sur leurs sauts. Et, comme il s'est passé au Film Festival de Perris,
l'«effet-vidéo» sera encore plus évident si dans le même saut il y a plusieurs
cameraflyers. Pour ainsi dire la vidéo affranchi le vol humain de sa propre réalité
éphémère et de la rapidité des rythmes de son exécution. Dans un certain sens la
vidéo, en prolongeant et multipliant notre activité au dela du temps et de l'espace
réels, augmente la valeur potentielle de chaque saut. Bien sûr elle n'est qu'un moyen,
un instrument... à nous de savoir nous en servir intelligemment et de traduire en
réalité ce qui nous est donné comme simple possibilité.
Une autre conséquence de la grande diffusion des caméras concerne la façon
même de filmer. Pour ceux qui ont un minimum d'expérience-vidéo de qualité il est
clair qu'il faut choisir si voler ou filmer. L'une chose n'est pas sans compromis pour
l'autre. Mais voilà que les nouveaux speedfreaks qui sautent avec une caméra ont la
tendance à renverser l'ordre de priorité des termes: ils volent tout d'abord, puis si en
même temps ils ont récolté de bonnes séquences d'images, même si fragmentaires, tant
mieux. Ce qui importe le plus c'est de bien voler, et la récolte de matériel vidéo
passe presque en deuxième plan. Je dis «presque» car en vérité c'est plutôt la
réalisation personnelle-individuelle qui est devenue secondaire en faveur d'une
réalisation collective, plus productive et qui ne compromet pas trop le vol individuel.
Ce qu'on a vu au festival de Perris, comme à celui de Eloy, c'est sans
doute une préfiguration en grande échelle de la future scène du «fun jumping» qui va
bientôt, chez nous aussi, manifester toute sa force créative. Du côté du parachutisme
non-compétitif on a donc de bonnes raisons de s'attendre à un saut de qualité qui va
sensiblement réduire l'écart de niveau entre dilettantisme et compétition.
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